La lignée des Malioche

La première famille bourbonnaise !

Après plusieurs recherches sur des familles auvergnates (Haute et Basse Auvergne), l’étude sur la lignée des Malioche nous a mené au nord de la terre bourbonnaise, à la jonction du Nivernais et de la Bourgogne.

Depuis la commune rurale de Lucenay-lès-Aix, les recherches nous ont rapidement mené au nord-est du département de l’Allier, dans le bourg marchand de Chevagnes. C’est ici que naquit Jean Malioche, cultivateur au domaine de Breu. Ses parents s’étaient installés à Chevagnes à l’occasion de leur mariage, au milieu du XIXe siècle, son père venait de la petite commune voisine de Thiel-sur-Acolin. Plus anciennement, après un bref passage par le hameau des Communes, sur le territoire voisin de Beaulon, la famille était originaire de la paroisse de La Motte-Saint-Jean, à la confluence de la Loire et de l‘Arroux, dans l’actuel département de Saône-et-Loire. C’est ici qu’Etienne Malioche, marchand, se maria avec Anne Renaut en 1761.

L’originalité du dossier est venue de la grande fantaisie orthographique du patronyme rencontrée sur près de deux siècles.  Bien sûr, il n’est pas rare dans l’étude d’une lignée d’observer quelques variations orthographiques dans l’écriture du patronyme : assez fréquentes avant le milieu du XIXe siècle, elles se font rares à l’approche du siècle dernier, particulièrement à partir de la mise en place du livret de famille (1877). Mais les recherches sur la lignée des Malioche ont été particulièrement riches en la matière.

Les différentes formes relevées sont les suivantes :
MALIOCHE – 1900, 1894, 1884, 1858, 1806, 1761
MAILLOCHE – 1836, 1801
MALLIOCHE – 1853
MALIOGE – 1900, 1897, 1853, 1832, 1828
MALLIOGE – 1840, 1761
MAILLOGE – 1821, 1820, 1801, 1769, 1761

Difficile de segmenter par périodes tant les formes orthographiques se mêlent sans réelle cohérence. S’il ressort globalement que les formes voisines “Mailloge” ou “Mallioge” aient été les plus retranscrites anciennement, comment interpréter qu’à la même période la signature la plus ancienne que nous ayons relevée soit orthographiée “Malioche” ?

Il est certain que la différence d’accent et/ou de langue entre le contractant et le scribe ont une incidence sur la transcription du patronyme, mais l’hypothèse est difficilement envisageable pour les Malioche dont les mouvements géographiques sont toujours restés très limités. De plus, si nous sommes bien situés à seulement quelques kilomètres de la “frontière” qui sépare les langues d’oc et d’oïl, la lignée demeure exclusivement implantée en zone de langue d’oïl, sans jamais s’aventurer en direction du sud.

En fait, il faut voir dans ces multiples variances la difficulté d’identifier les sons /j/ (”ill”) et [ʃ](”ch”) dans le patois local de l’époque. Cette difficulté est d’autant plus marquée que la mobilité permanente de la lignée – qui ne restera jamais plus de deux générations dans le même lieu – et par conséquent la non fixation durable de la famille au sein de la communauté, n’a pas facilité la stabilité orthographique du patronyme dans les registres paroissiaux puis d’état-civil.

Cette fluctuation du nom de famille pouvait parfois devenir ennuyeuse lorsque, par exemple, à l’occasion d’un mariage (où l’on relisait les actes d’état-civil de naissance des futurs époux, ainsi que les actes de décès éventuels de leurs parents) l’assistance et les mariés ne reconnaissaient plus le nom lu par l’officier de l’état-civil… Ce fut le cas en 1853, lors de l’union de Léon Malioge et de Benoîte Guitton, où le maire dut mentionner dans l’acte, sous l’invective des futurs époux et des témoins : “quoique dans l’acte de deces de Pierre Malioge on ait ecrit son nom Pierre Mallioche et non Pierre Malioge qui est son veritable nom ainsi que les epoux et les quatre temoins nous l’ont affirmé”
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