Si un jour vous avez la chance de rencontrer quelqu’un répondant au doux nom de Pellabout, sachez que vous avez en face de vous le représentant d’une des plus petites familles de France.

Le révélateur des “pages blanches” sur internet est éloquent : la requête « Pellabout » ne renvoie que 4 réponses là où Martin en renvoie 27000 et où un nom de famille considéré comme “rare” retourne en moyenne une centaine de réponses… À ce jour, moins de vingt individus (enfants compris) porte ce patronyme, ce qui le place dans la liste des noms de famille en danger d’extinction.

La lignée des Pellabout
Des recherches récentes nous ont permis de remonter la lignée des Pellabout jusqu’au XVIe siècle. Alors que l’Auvergne sort tout juste de la tourmente des Guerres de Religions, nous retrouvons quelques représentants de cette famille dans la cité de Vic-le-Comte. À la suite de soucis financiers, dans le deuxième quart du XVIIe siècle, ils migrent à Riom – capitale de la province – où on les retrouve chirurgiens, puis tanneurs au sein de l’importante confrérie Saint-Jacques-le-Majeur. Ils resteront ici près de deux siècles avant de s’installer comme perruquiers dans la région de Gannat. C’est de là que sont issues les deux dernières branches survivantes qui sont aujourd’hui installées en Limousin et dans le département du Puy-de-Dôme.

Seigneurs de Beaubost
Revenons à la fin du XVIe siècle où nous a mené notre travail généalogique. La famille Pellabout fait alors partie de la bourgeoisie de l’ancienne capitale du comté d’Auvergne, où certains de ses représentants occupent les hautes fonctions consulaires. Sans pouvoir remonter la lignée plus en amont de façon certaine (preuves de filiation à l’appui), une recherche dans  les fonds des archives départementales nous a permis de relever plusieurs mentions de Pellabout à Vic-le-Comte jusqu’au milieu du XIVe siècle. Marchands, baillis, juges, consuls et luminiers de l’église Saint-Jean-Baptiste, pendant près de 3 siècles, les Pellabout font partie des familles les plus influentes de la ville. La plus ancienne mention fait état d’un Guillaume Pelabot, témoin d’une donation faite à la charité de Vic en 1361…

Deux mentions – aimablement transmises par Thomas Areal, doctorant à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand – nous font quitter Vic-le-Comte et nous permettent de remonter encore un peu plus dans le temps. La première fait état d’un Guillermo Pelabost domicello, témoin des actes d’hommage d’un seigneur de la Forêt, près de Beauregard (cne. de Bulhon), en juillet 1330 [Archives départementales du Puy-de-Dôme, cote 1 G 48]. La seconde, à la même époque, nous rapporte un Hugone Pelabot comme témoin à un acte de vente passé pour l’abbaye de La Chaise-Dieu par Pierre de Mauriac de Busséol, en avril 1329 [Archives départementales de Haute-Loire, cote 1 H 7 / 1].

Enfin, deux hommages, dans la seconde partie du XIIIe siècle, rendus respectivement à Alphonse de Poitiers et à Robert, comte de Boulogne et d’Auvergne, – relevés par A. de Remacle, dans son dictionnaire des fiefs de la Basse-Auvergne – font état d’un fief de Beaubost (aujourd’hui Beaubois, commune de Lezoux) tenu par Pierre Pelabocs ou Pelabost.  

château de Beaubois - Pellabout
Extrait de la carte de Cassini (XVIIIe s.) Au centre, le château de Beaubost.

La proximité géographique et le peu d’individus rencontrés dans les générations qui ont suivies donnent à penser que les Pelabot du fief de Beaubost sont probablement à l’origine de toute la descendance.

Tom et Axel, sans le savoir, vous êtes garants de la survie de votre nom de famille. Gageons que d’autres Pellabout verront le jour au XXIeme siècle et perpétueront ainsi la belle lignée de cette vieille famille auvergnate.

Des pèle-boucs !?
Pour clore le dossier, arrêtons nous quelques instants sur l’étymologie du nom Pellabout… Les étymologistes veulent que la forme originelle soit pèle-bouc. Nous ne sommes pas totalement convaincus, d’autant que l’orthographe des formes les plus anciennes – Pelabot dès le XVe siècle, et Pelabost au XIIIe et début du XIVe siècle – semble suggérer que les premiers porteurs de ce nom étaient plus adeptes de l’écorçage des arbres que du pelage de boucs ! En effet, bois se disait bosc en ancien français et bost dans la zone de contact entre occitan et français, c’est à dire tout particulièrement sur le territoire qui nous intéresse. Leur lien avec la seigneurie de Beaubost n’est peut-être pas étranger à cela…

  1. 18 décembre 2017

    Toujours au XIIIe siècle, un Pierre Pelabocx, chevalier, « vend toutes ses propriétés, droits, hommages lui appartenant dans la région située à l’ouest du puy de Dome, approximativement entre Olby et Vauriat ». (Vente du vendredi après la fête de saint André (1er décembre) 1284 – Archives Départementales du Puy-de-dôme, 3 G, arm. 14, sac H suppl., cote 2).
    [Extrait de l’article « Ruines de villages bâtis à pierre sèche et abandonnés » de P.-F. Fournier, in Bulletin Historique et Scientifique de l’Auvergne, Tome LXXXIX – 1979, pp. 303-304]

  2. 1 février 2019

    En simple amateur…
    Depuis de nombreuses années à la recherche de ces  »célèbres inconnues » que sont les Cantinières à la suite des Armées !!! ( voir présentation au CTHS de Bordeaux 2009 à propos des «  »Secours de route aux indigents »’ )
    Rarement longtemps en garnison et souvent que passage…

    Dernière trouvaille !!
    Mariage de «  » » Guillaume PELLABOUT — Cantinier Royal– «  » » ° 25.Septembre 1814 à RIOM
    Puy de Dôme de Jacques + le 20 Juin 1827 et Magdeleine Bourbonnais rentière domiciliée à Paris !!!
    et je me demandais pourquoi «  »Royal » » en 1847 !!

    A la lecture de vos explications … pas de Cantinière chez les PELLABOUT !!! ??? peut-être dans vos archives ??
    Moi qq centaines ou + !!! notes ou photocopies MAIS pas le courage le les lister en dossier sur PC !!!

    Au plaisir de partager qq infos !

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